Ce que sont les progressions
Une progression est une règle pour modifier la mise après un gain ou une perte. Les plus connues :
- Martingale : après une perte la mise double ; après un gain elle revient à la mise de départ.
- Fibonacci : après une perte la mise est le nombre suivant de la suite 1, 1, 2, 3, 5, 8… ; après un gain elle recule de deux rangs.
- D’Alembert : après une perte la mise augmente d’une unité ; après un gain elle diminue d’une unité.
- Labouchère : on écrit la ligne 1, 2, 3, 4 et la mise est la somme des deux nombres des extrémités. Un gain les barre ; une perte ajoute la mise au bout de la ligne.
Ce que montre l’historique
Nous avons joué des sessions de 100 sélections sur des favoris que le marché moyen valorise entre 1,80 et 2,20, avec un capital de 100 unités et une mise de départ de 1. La base compte 13 960 sélections de ce type, soit 139 sessions. Le favori lui-même gagne 47,9% du temps : un peu moins qu’un pile ou face.
| Système | En gain | Ruinées | Résultat moyen | Par unité engagée | Pire session |
|---|---|---|---|---|---|
| Mise fixe | 35% | 0% | −4,4 | −4,3% | −30 |
| Martingale | 41% | 58% | −15,2 | −7,1% | −96 |
| Fibonacci | 67% | 30% | −13,8 | −6,4% | −88 |
| D’Alembert | 53% | 30% | −16,7 | −3,5% | −100 |
| Labouchère | 27% | 73% | −28,2 | −4,8% | −100 |
Les progressions rendent les sessions gagnantes courantes : Fibonacci finit 67% des sessions en gain, contre 35% pour une mise fixe. Mais les pertes sont rares et profondes : la martingale a brûlé le capital dans 58% des sessions. Et en moyenne chaque système perd, de −7,1% à −3,5% par unité engagée, à peu près la taille de la marge.
Pourquoi il en est ainsi
Chaque sélection est perdante en soi, quelle que soit la somme qu’on y met. Une suite de sélections perdantes ne devient pas gagnante en changeant leur ordre ou leur taille. Le système ne change que la forme du résultat : une mise fixe perd un peu à la fois et de façon prévisible, tandis que les progressions gagnent un peu à la fois, puis perdent beaucoup d’un coup.
Il existe aussi un plafond pratique : après une série de pertes, la mise atteint la taille du capital ou la limite du marché, et il n’y a plus moyen de se refaire.